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Côte d’Ivoire : À Assinie, le CEPICI veut passer de l’investissement annoncé à l’investissement réalisé

À mesure que la Côte d’Ivoire change d’échelle, le défi n’est plus seulement d’attirer les capitaux, mais de s’assurer qu’ils se transforment en usines, emplois, infrastructures et chaînes de valeur. Réunis à Assinie du 1er au 4 septembre, les principaux acteurs de l’investissement ont travaillé à renforcer deux maillons de cette équation : les projets structurants et le suivi des investissements agréés.

Dans la compétition que se livrent les économies africaines pour attirer les capitaux, l’équation ivoirienne est en train de changer. Longtemps mesurée à l’aune des intentions d’investissement, de l’arrivée de nouveaux investisseurs ou du nombre de projets agréés, l’attractivité doit désormais se juger à l’aune de ce qui se matérialise sur le terrain.

Le changement d’échelle est considérable. Le PND 2026-2030 prévoit 114 838 milliards de FCFA d’investissements, dont plus de 70 % devraient être mobilisés par le secteur privé. Derrière ces montants se pose donc une question centrale : comment transformer les capitaux annoncés en capacités productives et en impact économique réel ?

C’est autour de cette problématique que le CEPICI a réuni, du 1er au 4 septembre à Assinie, les principaux acteurs de l’écosystème de l’investissement, dans le cadre d’un atelier consacré à la rationalisation des procédures de visite de constat et à la mise en œuvre pratique des projets structurants.

Autour de la table : le CEPICI, le ministère en charge de l’Industrie, la Direction générale des Impôts (DGI), la Direction générale des Douanes (DGD), d’autres administrations partenaires, ainsi que des représentants du secteur privé et des organisations professionnelles.

La première séquence des travaux, consacrée aux projets structurants, s’est tenue sous la présidence effective de Solange Amichia, Directrice Générale du CEPICI, le 1er septembre.

L’enjeu est que le Code des investissements prévoit, à travers son article 19, un régime spécifique pour les projets considérés comme structurants, en raison notamment de leur taille et de leur impact socio-économique attendu.

Mais entre le texte et sa mise en œuvre, plusieurs questions restaient à préciser : qu’est-ce qui fait réellement d’un investissement un projet structurant ? Quels indicateurs retenir ? Quelles incitations appliquer ? Sur quelle durée ? Comment gérer les projets réalisés par phases ? Et surtout, comment mesurer leur performance dans le temps ?

Les travaux d’Assinie ont permis d’avancer sur ces différents points. Les participants ont notamment travaillé à la définition d’indicateurs permettant de qualifier les projets structurants, à la clarification des incitations fiscales associées, à la détermination des délais de réalisation ainsi qu’aux modalités de phasage, de suivi et d’évaluation.

L’objectif est de faire émerger un cadre de gestion à la fois stratégique et opérationnel, capable de distinguer les projets à fort potentiel de transformation et d’en suivre la réalisation jusqu’à leurs effets économiques.

La deuxième séquence des travaux s’est concentrée sur les visites de constat, sous la présidence de Sandrine TEGNAN, Directrice de la Facilitation des Investissements, du 2 au 4 septembre.

Cette procédure intervient à un moment décisif de la vie d’un investissement : celui où les engagements annoncés doivent être confrontés à la réalité.

Sur le terrain, les visites permettent notamment de vérifier la conformité des réalisations des entreprises agréées avec leurs engagements initiaux : niveau d’investissement effectivement réalisé, emplois créés, activité exercée ou encore réalité du projet sur son site d’implantation.

Autrement dit, l’agrément n’est plus considéré comme le point d’arrivée, mais comme le début d’un parcours d’accompagnement et de suivi.

À Assinie, les participants ont ainsi travaillé à la modernisation de la procédure, avec un objectif de simplification, de meilleure coordination entre administrations et d’intégration accrue des outils numériques.

Cette évolution traduit une transformation plus profonde de la politique d’investissement ivoirienne.

Pour le CEPICI, il s’agit en plus d’améliorer une procédure administrative, de renforcer désormais, l’ensemble de la chaîne de valeur de l’investissement : attirer le capital, faciliter son implantation, accompagner sa réalisation et mesurer son impact.

Cette logique prend une importance particulière dans un contexte de compétition accrue entre les destinations africaines. Les investisseurs comparent désormais autant la taille des marchés que la capacité des administrations à faciliter l’exécution des projets, à sécuriser les parcours et à résoudre rapidement les contraintes rencontrées.

La crédibilité d’une politique d’attractivité ne se joue donc plus seulement dans les annonces de milliards. Elle se mesure à la capacité à faire atterrir ces capitaux dans l’économie réelle.

C’est précisément le changement de métrique que les travaux d’Assinie cherchent à accompagner.

Les recommandations issues de ces quatre jours doivent contribuer à renforcer le suivi des investissements agréés et à mieux encadrer les projets présentant un potentiel élevé en matière d’industrialisation, de transformation locale, d’infrastructures, de création d’emplois et de développement des chaînes de valeur.

À terme, l’ambition est de disposer d’un dispositif permettant de mieux distinguer trois moments : l’intention d’investir, l’investissement effectivement réalisé et l’impact économique produit.

Cette approche rejoint les priorités du PND 2026-2030, qui fait du secteur privé un acteur central du financement et de la transformation de l’économie ivoirienne.

À Assinie, le CEPICI a donc engagé davantage qu’un exercice de rationalisation administrative. Il cherche à installer une nouvelle manière de regarder l’investissement : non plus seulement par les montants annoncés, mais par leur capacité à produire de la croissance, des emplois, de la valeur ajoutée et des chaînes de production locales.

Le défi, désormais, sera de transformer ces recommandations en mécanismes opérationnels.

Car dans la nouvelle bataille de l’attractivité, attirer les capitaux ne suffit plus. Il faut les faire atterrir, les faire produire et, surtout, mesurer ce qu’ils changent réellement dans l’économie.

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